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Concours de plaidoirie

Le concours national de plaidoirie pour les droits humains des lycéens du Mémorial de Caen

L’éloquence est dans l’air du temps et même si plaidoyer ne lui est pas tout à fait étranger, il s’agit cependant bien d’autre chose.

Huit élèves ont eu le courage de participer au concours de plaidoirie pour les droits humains des lycéens du Mémorial de Caen cette année au lycée Vieljeux et ont fait preuve de persévérance pour mener à bien la démarche de A à Z, pour l’essentiel, en autonomie.

Choisir une situation dans laquelle les droits de l’être humain sont bafoués, s’imprégner du parcours des victimes dont on défendra la cause -qui doit être incarnée, s’informer sur les textes nationaux et internationaux relatifs aux droits en question, les articuler avec le quotidien des personnes dont on parle sont une étape plus ardue qu’il n’y parait. En effet, il s’agit d’être rigoureux.se sans être froid.e, généreux.se sans être lacrymal.e, accessible sans simplifier à outrance et ambitieux.se sans être pédant.e. Tout est une question d’équilibre et cet équilibre-là n’est pas facile à trouver, nous le constatons quotidiennement.

Tous les candidat.e.s du concours national de plaidoirie des lycéens pour les droits humains à Caen le 24 janvier 2020 autour du président du jury, le grand reporter photographe Patrick Chauvel. Emma et Emma sont au 1er plan, 2ème et 3ème en partant de la droite.
Apolline, Léo, Marie et Uriel.

Emma B. et Emma L., Marie L. et Uriel C., Léo R., Apolline V. élèves de 1ère ainsi qu’Adrien P. et Louise A., élèves de terminale, ont abordé les questions de la fin de vie en France, la ré-adoption aux États-Unis, le crédit social en Chine, les conséquences du réchauffement climatique sur les Peuls au Tchad, l’absence de liberté des femmes quant à leur apparence, autant de sujets passionnants auxquels ils et elles ont prêté leur voix, en incarnant chaque histoire à travers le récit d’une personne particulière et en appuyant leur argumentation sur le droit national ou international.

Individuellement ou par binôme, les élèves se sont donc approprié les mots, leur agencement, leur logique mais aussi leur résonnance et leur rythme, car on n’écrit pas pour l’oral comme on le ferait pour une dissertation. Ils ont dû faire avec la durée imposée : comment être convaincant.e en 8 minutes ? Il leur a fallu des semaines pour que ce texte mûrisse, pour qu’ils.elles se le mettent en bouche aussi mais cela n’était pas encore suffisant puisque ces mots passeraient d’autant mieux si le regard, la posture, l’intonation, le geste -sans être théâtral- étaient les bons.

Ils ont donc eu un atelier avec une actrice et metteuse en scène, Camille Geoffroy qui a fait travailler chacun.e sur ce qui physiquement serait le mieux à l’unisson de leur intériorité et de leur message. Pas question de truc, de twists ou d’effet mais plutôt la volonté que chacun.e puise en elle ou en lui.elle ce qui lui correspond et lui permettrait de mettre en harmonie ce qu’il ou elle souhaitait communiquer. Le corps est le vecteur de toute communication alors les élèves ont travaillé leur souffle, leur ancrage au sol, leur regard, leurs gestes et leur posture.

On imagine aisément quel stress peut générer le fait de se présenter devant un public de personnes connu.e.s ou inconnu.e.s et de devoir sans échappatoire possible, dire son texte sans lire et en y mettant tout son être pour qu’il ne soit pas une coquille vide. Pour les aider, les élèves ont eu deux ateliers avec Anne-Christine Estiot, ancienne professeure d’EPS au lycée Vieljeux et spécialiste de la gestion du stress et de programmation neurolinguistique entre autres compétences. Il a été question de connaissance de soi et là encore d’ancrage mais en soi cette fois pour y trouver le calme nécessaire propice à l’énergie projetée de la plaidoirie.

Au premier plan, Louise qui a reçu le grand prix et Madame Teisseire.

Le concours de plaidoirie du Mémorial de Caen est en trois étapes, une première sélection à partir d’extraits d’1 minute de plaidoirie postés en ligne permet aux élèves de candidater pour les finales régionales qui pour la Nouvelle-Aquitaine, se tiennent à Bordeaux. Les dix candidat.e.s sélectionné.e.s présentent leur plaidoirie au musée d’Aquitaine et un.e seul.e est retenu.e pour la finale nationale à Caen. Trois des huit élèves de Vieljeux ont été sélectionné.e.s cette année pour la finale régionale, Adrien Pineaud élève de terminale, en solo et le binôme Emma Biber et Emma Linder élève de 1ère, ce qui est remarquable. En raison du mouvement social, les finales régionales n’ont pas pu avoir lieu à Bordeaux, les élèves ont dû filmer la totalité de leur plaidoirie et le jury a délibéré depuis Caen pour décider du classement régional.

‘Nos’ trois élèves sont tous arrivés sur le podium, Adrien à la 3ème position et Emma et Emma à la toute 1ère place. Ces dernières ont donc représenté le lycée Vieljeux à Caen le 24 janvier 2020 pour la finale nationale aux côtés de 14 autres finalistes présentant 13 plaidoiries (individuellement ou en binôme). Elles ont vécu une fantastique expérience humaine et ont délivré une poignante et magnifique plaidoirie devant un public de 3000 personnes !

Le chemin du concours du Mémorial est long et difficile et même si nous ne doutions pas de la qualité de nos candidats, nous savions également que la région Nouvelle-Aquitaine est vaste et que le concours a mobilisé cette année 1200 élèves en France entière. Une sélection régionale n’était donc pas certaine (même si le minibus était réservé dès le début du processus !) et il était dommage que les élèves ayant tellement travaillé ne puissent exprimer leur plein potentiel en situation réelle.

Adrien et des membres du jury très concentrés
Tous les candidat .e.s et les membres du jury à l issue de la remise des prix
le concours de plaidoirie au lycée Vieljeux

C’est la raison pour laquelle avec le plein soutien de Monsieur Tirel, proviseur du lycée Léonce Vieljeux, nous avons organisé un concours interne. Outre quelques détails logistiques, il restait surtout à constituer un jury qui puisse rendre justice au travail des élèves. Je le rêvais divers, mêlant professionnel.le.s et amateur.rice.s car plaider pour les droits humains doit s’adresser à toutes et tous et non seulement aux spécialistes et je ne souhaitais pas qu’il y ait d’enseignant.e.s afin que les élèves ne considèrent pas l’exercice comme une évaluation de plus. Gaëlle Letourneur, documentaliste au lycée, m’a beaucoup aidée. Toutes les personnes que nous avons contactées ont répondu présentes avec un enthousiasme non dissimulé et nous les remercions toutes infiniment ! Ainsi Martine Bézagu, coordinatrice départementale en action culturelle, Christine Bonnin agent responsable de la reprographie au lycée Vieljeux, Jacques Catrin représentant de la Ligue des Droits de l’Homme à La Rochelle, Virginie Moreau ASSEDU au lycée Vieljeux, Chloé Ranson-Godin, documentaliste au lycée Vieljeux, Isabelle Souveton, ASSEDU au lycée Vieljeux, Jérémy Sternbach, référent jeunesse du bassin de La Rochelle, Christine Teisseire, ancien bâtonnier et avocate associée au Barreau de La Rochelle et Alfred Tudeau, Président du Club UNESCO de La Rochelle ont écouté avec la plus grande concentration (et parfois de l’émotion) et débattu avec beaucoup de bienveillance pour attribuer les prix.

Les membres du jury ainsi que le public d’élèves et de membres de l’équipe éducative du lycée, ont toutes et tous été admiratif.ve.s du courage de ces élèves de se présenter sur cette scène et de faire porter leur voix pour défendre les droits humains, toutes et tous ont reconnu la grande qualité des plaidoiries proposées tant pour leur contenu que pour leur forme.

Le soin apporté à l’expression et la force de conviction des élèves ont emporté l’adhésion et suscité l’admiration de tous, élèves comme adultes. BRAVO à toutes et à tous !

Rendez-vous en septembre prochain pour celles et ceux qui souhaiteront tenter l’aventure !

 

Muriel Lucot, section européenne anglais histoire-géographie